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Prothésistes dentaires : la nouvelle grille salariale devient obligatoire le 1er octobre 2026
À partir du 1er octobre 2026, les laboratoires de prothèse dentaire devront appliquer une nouvelle grille de salaires minima. L’accord signé le 15 juin a été étendu à toute la branche.
Pour les salariés concernés, le point à vérifier dès la paie d’octobre est donc simple : le salaire versé reste-t-il au moins égal au minimum prévu pour l’emploi et l’échelon occupés ? La grille progresse en moyenne de 1,48 %, mais cette hausse ne correspond pas à une augmentation automatique de tous les salaires.
À retenir
- Convention collective : prothésistes dentaires et personnels des laboratoires de prothèse dentaire.
- Identifiant : IDCC 993, brochure n° 3254.
- Accord salarial signé le 15 juin 2026.
- Arrêté d’extension du 24 août 2026, publié au Journal officiel le 4 septembre 2026.
- Nouvelle grille applicable à tous les employeurs de la branche dès le 1er octobre 2026.
- Minima compris entre 1 892 € et 3 300 € bruts par mois pour 35 heures hebdomadaires.
La grille salariale devient obligatoire dans toute la branche
L’accord du 15 juin 2026 revalorise les salaires minima des personnels des laboratoires de prothèse dentaire. Il actualise aussi plusieurs primes liées à des qualifications ou spécialisations professionnelles.
Tant que l’accord n’était pas étendu, sa portée restait limitée. Ce n’est plus le cas depuis la publication de l’arrêté du 24 août 2026.
L’extension change concrètement la règle du jeu : tous les employeurs relevant de l’IDCC 993 doivent désormais respecter cette grille, qu’ils appartiennent ou non à l’organisation patronale signataire.
Autrement dit, un laboratoire ne peut pas continuer à appliquer d’anciens minima au motif qu’il n’a pas directement signé l’accord. Le même socle salarial vaut désormais pour toute la branche.
Quels salariés sont concernés par l’IDCC 993 ?
La convention collective nationale des prothésistes dentaires et des personnels des laboratoires de prothèse dentaire couvre plusieurs familles d’emplois.
Elle concerne bien sûr les emplois techniques de la prothèse dentaire, mais aussi les personnels de service et les fonctions administratives. La grille distingue notamment les employés et auxiliaires en prothèse dentaire, les techniciens qualifiés, les prothésistes hautement qualifiés, les responsables de secteur et les chefs de laboratoire.
Le bulletin de paie doit permettre au salarié d’identifier la convention collective qui lui est appliquée et sa position dans la classification. La référence à l’IDCC 993 constitue donc un premier repère.
Un doute sur votre classification ?
Ne vous arrêtez pas à l’intitulé inscrit sur la fiche de paie. Comparez-le avec les tâches réellement exercées, votre niveau d’autonomie, les responsabilités confiées et les critères de classification prévus par la convention collective.
Cette vérification est importante. Une classification trop basse peut conduire à appliquer un minimum conventionnel qui ne correspond pas réellement au poste occupé.
Pourquoi la nouvelle grille s’applique-t-elle au 1er octobre 2026 ?
L’accord prévoit une entrée en vigueur au premier jour du mois suivant la publication de l’arrêté d’extension.
L’arrêté a été publié au Journal officiel le 4 septembre 2026. La conséquence est directe : les nouveaux minima s’imposent à compter du 1er octobre 2026.
| Étape | Date |
|---|---|
| Signature de l’accord salarial | 15 juin 2026 |
| Publication de l’avis d’extension | 9 juillet 2026 |
| Signature de l’arrêté d’extension | 24 août 2026 |
| Publication au Journal officiel | 4 septembre 2026 |
| Application obligatoire de la grille | Obligatoire 1er octobre 2026 |
Sur la paie d’octobre, chaque employeur devra donc contrôler les rémunérations. Si le salaire versé est inférieur au minimum correspondant à l’emploi et au niveau du salarié, une régularisation sera nécessaire.
Les nouveaux salaires minima des prothésistes dentaires
La grille augmente en moyenne d’environ 1,48 %. Les montants ci-dessous correspondent à des salaires mensuels bruts pour une durée de travail de 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois.
| Emploi ou qualification | Échelon | Minimum mensuel brut |
|---|---|---|
| Personnel de service | — | 1 892 € |
| Secrétaire administratif – aide-comptable | — | 1 896 € |
| Comptable | — | 2 002 € |
| Employé en prothèse dentaire | — | 1 895 € |
| Auxiliaire en prothèse dentaire | — | 1 903 € |
| Technicien qualifié en prothèse dentaire | TQ1 | 1 935 € |
| Technicien qualifié en prothèse dentaire | TQ2 | 2 118 € |
| Technicien qualifié en prothèse dentaire | TQ3 | 2 246 € |
| Prothésiste dentaire hautement qualifié | PHQ1 | 2 293 € |
| Prothésiste dentaire hautement qualifié | PHQ2 | 2 522 € |
| Responsable de secteur | — | 2 755 € |
| Chef de laboratoire | — | 3 300 € |
Pour les salariés à temps partiel, le minimum doit être adapté à la durée de travail prévue au contrat. Le calcul ne peut toutefois pas aboutir à un taux horaire inférieur à celui qui correspond à la classification du salarié.
Des primes existent aussi pour certaines certifications
Le salaire de base n’est pas le seul élément à contrôler. L’accord prévoit également quatre primes mensuelles pour certaines qualifications ou spécialisations professionnelles.
| Certification ou spécialisation | Montant mensuel |
|---|---|
| CQP « Technicien en laboratoire de prothèse dentaire spécialisé en ODF » | 85 € |
| Certificat « Opérateur en CFAO niveau I » | 85 € |
| Titre « Prothésiste dentaire numérique » | 105 € |
| CPES de spécialisation en PCMIP ou en céramique et occlusion | 160 € |
Un salarié qui détient l’un de ces titres doit donc vérifier que son employeur en a bien connaissance et que la prime est versée lorsqu’il remplit les conditions prévues par l’accord.
Ce contrôle n’est pas anecdotique. Une prime de 160 euros par mois représente 1 920 euros bruts sur une année complète.
1,48 % de hausse ne veut pas dire 1,48 % pour tout le monde
C’est probablement le point qui crée le plus de confusion.
La progression moyenne de 1,48 % concerne les minima conventionnels. Elle ne constitue pas une augmentation générale attribuée automatiquement à chaque salarié.
Un salarié dont la rémunération passe sous le nouveau minimum devra être augmenté jusqu’au montant prévu par la grille dès le 1er octobre.
La situation est différente pour celui qui gagne déjà davantage que son minimum conventionnel. Le seul accord du 15 juin ne lui donne pas automatiquement droit à 1,48 % supplémentaire.
Une augmentation peut néanmoins résulter d’une négociation dans l’entreprise, du contrat de travail, d’un usage ou d’un engagement de l’employeur.
Le point à retenir : le minimum conventionnel est un plancher. Il indique le montant en dessous duquel l’employeur ne peut pas descendre. Il ne doit pas devenir un plafond qui empêcherait toute progression salariale.
Ce qu’il faut regarder sur la paie d’octobre
La Fédération CFTC Santé Sociaux recommande aux salariés et aux représentants du personnel de ne pas limiter le contrôle au seul montant du salaire brut.
Il faut d’abord vérifier la convention collective et la référence à l’IDCC 993. Ensuite, regardez l’emploi et l’échelon retenus par l’entreprise.
La vraie question est surtout la suivante : la classification correspond-elle réellement au travail effectué ?
Les responsabilités assumées, le degré d’autonomie, les compétences techniques et les tâches accomplies au quotidien peuvent être déterminants.
- vérifiez l’intitulé de la convention collective et l’IDCC 993 ;
- contrôlez l’emploi et l’échelon inscrits sur le bulletin ;
- comparez cette classification avec les fonctions réellement exercées ;
- vérifiez le nouveau minimum et les éventuelles primes de certification.
Si un écart apparaît, demandez une vérification écrite au service chargé de la paie ou à l’employeur. Conservez votre contrat de travail, votre fiche de poste et les documents qui permettent de décrire précisément votre activité.
Un représentant CFTC peut également vous accompagner pour examiner la classification et la rémunération appliquées.
Une revalorisation utile, mais encore trop faible
L’extension de l’accord sécurise les salariés payés au niveau des minima. Désormais, aucun laboratoire relevant de la branche ne peut rester en dehors de la nouvelle grille.
C’est utile. Mais cela ne règle pas la question de fond.
La hausse moyenne de 1,48 % reste modeste. Surtout, les premiers niveaux demeurent très proches les uns des autres. Entre certains emplois de service, administratifs et techniques, l’écart de salaire reste parfois limité à quelques euros.
Quand les niveaux se rapprochent trop, la grille finit par moins bien reconnaître les compétences. Un diplôme supplémentaire, une technicité acquise au fil des années ou davantage de responsabilités doivent pourtant se traduire par une progression salariale visible.
Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, les prochaines négociations devront donc recréer de vrais écarts entre les niveaux et mieux valoriser les qualifications. Une carrière doit pouvoir se traduire par une progression de salaire réelle, pas seulement par un changement d’intitulé.
La CFTC n’est pas signataire de l’accord du 15 juin 2026. Cette absence de signature ne modifie toutefois ni l’application de la grille ni les droits des salariés depuis son extension.
Pour suivre les prochaines évolutions de la branche, consultez nos actualités consacrées aux prothésistes dentaires et aux laboratoires de prothèse dentaire.
FAQ sur la grille salariale des prothésistes dentaires
Quand la nouvelle grille devient-elle obligatoire ?
Elle s’applique dans toutes les entreprises relevant de l’IDCC 993 à partir du 1er octobre 2026. Cette date correspond au premier jour du mois suivant la publication de l’arrêté d’extension.
Tous les salariés bénéficieront-ils d’une augmentation de 1,48 % ?
Non. Les 1,48 % correspondent à la progression moyenne des minima de la grille. Si votre salaire devient inférieur au nouveau minimum, il doit être relevé. Si vous gagnez déjà davantage, l’accord ne prévoit pas automatiquement 1,48 % supplémentaire.
Que faire si mon salaire est inférieur au nouveau minimum ?
À compter du 1er octobre 2026, l’employeur doit respecter le minimum prévu pour votre emploi et votre classification. Demandez une vérification de la paie et, si nécessaire, la régularisation du salaire.
Je gagne déjà plus que le minimum. Ai-je droit à une hausse ?
Pas automatiquement au titre de cet accord. Une augmentation peut toutefois résulter d’un accord d’entreprise, d’une négociation salariale, de votre contrat de travail, d’un usage ou d’un engagement de l’employeur.
Comment savoir si ma classification est correcte ?
Comparez l’emploi et l’échelon inscrits sur votre bulletin de paie avec les fonctions que vous exercez réellement. Le contrat de travail, la fiche de poste et les critères de classification de la convention collective permettent d’effectuer ce contrôle.
Comment vérifier si une prime de certification m’est due ?
Vérifiez d’abord si votre diplôme, votre titre ou votre certificat figure parmi ceux prévus par l’accord. S’il ouvre droit à une prime et que les conditions sont remplies, contrôlez ensuite son versement sur votre bulletin de salaire.






Fédération CFTC Santé Sociaux
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