Assistante de vie accompagnant une personne âgée à domicile ©InsideCreativeHouse / Adobe Stock

Emploi à domicile : les salaires horaires progressent, mais de fortes disparités persistent selon les métiers et les territoires

Les salaires horaires nets versés directement par les particuliers employeurs ont continué de progresser en 2025. Les évolutions diffèrent toutefois selon les métiers. Employés familiaux, assistants de vie, assistants maternels et assistants parentaux ne perçoivent pas les mêmes niveaux de rémunération. Les nouvelles données de l’Observatoire de l’emploi à domicile montrent aussi de forts écarts entre les territoires. Ces chiffres offrent des repères utiles. Ils doivent cependant être distingués des minima prévus par la convention collective et replacés dans les conditions réelles d’emploi du secteur.

Les points clés

  • Les salaires horaires nets progressent en 2025 : +2,8 % pour les employés familiaux, +2,6 % pour les assistants de vie, +3,4 % pour les assistants maternels et +1,1 % pour les assistants parentaux.
  • De forts écarts existent selon les territoires : pour les assistants de vie, le salaire horaire net moyen varie par exemple de 10,33 € à La Réunion à 13,38 € en Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Un taux horaire supérieur au Smic ne signifie pas nécessairement un revenu mensuel élevé : le nombre d’heures, les horaires morcelés et la multiplicité des employeurs pèsent sur le revenu réel.
  • Les moyennes publiées ne sont pas des minima obligatoires. Le particulier employeur doit respecter le minimum légal ou conventionnel applicable. Au-delà de ce plancher, le salaire reste négociable.

À l’été 2026, la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem) a publié de nouvelles données sur les salaires. Elles proviennent des travaux de l’Observatoire de l’emploi à domicile et des données de l’Urssaf Caisse nationale. Elles permettent de connaître les rémunérations versées aux salariés employés directement par des particuliers.

Ces données portent sur les salaires horaires nets du quatrième trimestre 2025. Elles ne constituent donc pas une nouvelle grille de salaires. Elles donnent une photographie des rémunérations déclarées. Pour calculer le taux horaire net moyen, l’Observatoire rapporte la masse salariale nette au nombre d’heures rémunérées. Ce calcul ne comprend pas l’indemnité de congés payés.

Un salaire moyen constaté ne constitue ni un minimum obligatoire ni un tarif imposé au particulier employeur. Le minimum légal ou conventionnel reste un plancher. Au-delà, le salarié et le particulier employeur peuvent négocier librement la rémunération. Ils peuvent notamment tenir compte de l’expérience, des qualifications, des compétences et des conditions de travail.

Emploi à domicile : quels salaires horaires selon les métiers en 2025 ?

En 2025, les salaires horaires nets progressent dans les quatre grandes catégories de métiers étudiées.

La hausse atteint 2,8 % pour les employés familiaux et 2,6 % pour les assistants de vie. Elle s’élève à 3,4 % pour les assistants maternels. Les assistants parentaux enregistrent une hausse plus faible de 1,1 %.

Selon la Fepem, ces hausses dépassent celle des salaires de base du secteur privé en 2025, qui atteint 1,7 %. Seuls les assistants parentaux connaissent une progression plus faible.

Les rémunérations horaires moyennes dépassent aussi le Smic. En brut, la Fepem évalue le salaire horaire moyen à environ 1,4 fois le Smic pour les employés familiaux. Il atteint 1,3 fois le Smic pour les assistants de vie et 1,2 fois le Smic pour les assistants parentaux.

Le calcul diffère pour les assistants maternels, car leur rémunération dépend notamment du nombre d’enfants accueillis. Leur taux horaire brut moyen représente environ 1,5 fois le minimum conventionnel.

Ces chiffres confirment donc une hausse des salaires horaires pratiqués. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’évaluer le revenu réel des professionnels.

Salaire horaire et revenu mensuel ne doivent pas être confondus

Un taux horaire supérieur au Smic ne garantit pas une rémunération mensuelle élevée.

Cette distinction compte particulièrement dans l’emploi à domicile. Le revenu dépend d’abord du nombre d’heures rémunérées et de la régularité des interventions. Le nombre de particuliers employeurs et la continuité des contrats jouent également un rôle important.

Le rapport de branche 2026 montre la particularité de ces conditions d’emploi. La majorité des salariés travaillent pour au moins deux particuliers employeurs. Certains exercent aussi une activité dans un autre secteur.

D’autres contraintes pèsent sur leur activité. Les professionnels peuvent enchaîner les déplacements entre plusieurs domiciles et connaître de fortes amplitudes de travail. Leurs horaires peuvent également être morcelés au cours de la journée.

Comparer uniquement le taux horaire avec le Smic donne donc une vision incomplète du revenu réel.

Assistants de vie : jusqu’à trois euros d’écart net par heure selon les territoires

Les cartes de la Fepem permettent de comparer les salaires horaires nets moyens selon les territoires. Les écarts sont parfois importants.

Les assistants de vie accompagnent notamment les personnes âgées en perte d’autonomie et les personnes en situation de handicap. Leur salaire horaire net moyen atteint 13,38 euros en Auvergne-Rhône-Alpes, contre 10,33 euros à La Réunion.

Pour les employés familiaux, la moyenne atteint 14,59 euros nets de l’heure en Bretagne. Elle descend à 10,40 euros en Martinique.

Depuis le 1er janvier 2026, la convention collective désigne les gardes d’enfants à domicile sous le terme d’assistants parentaux. Leur salaire moyen atteint 11,09 euros nets en Bretagne, contre 10,48 euros dans les Hauts-de-France.

Pour les assistants maternels, le taux se calcule par enfant accueilli. Il atteint 5,17 euros nets par heure et par enfant à La Réunion, contre 3,90 euros en Normandie.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces écarts. Le coût de la vie, l’offre et la demande locales ou les difficultés de recrutement peuvent peser sur les salaires. Le vieillissement de la population et le nombre de professionnels disponibles peuvent aussi jouer un rôle.

Ces données offrent ainsi des points de comparaison aux salariés. Elles peuvent notamment servir de repère pour négocier leur rémunération avec un particulier employeur.

Le salaire réellement versé ne remplace pas le minimum conventionnel

Il faut distinguer les salaires moyens observés des salaires minima conventionnels.

Les salariés employés directement par un particulier relèvent de la Convention collective nationale du secteur des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile du 15 mars 2021 (IDCC 3239).

En 2026, les partenaires sociaux ont de nouveau relevé les minima. L’avenant n° 10 du 5 février 2026 prévoit une hausse de 3 % des salaires minima conventionnels bruts des salariés du particulier employeur.

Un arrêté du 4 mai 2026 a étendu cet avenant. Le Journal officiel l’a publié le 8 mai 2026.

Trois montants doivent donc être distingués. Le Smic fixe le minimum légal. Le minimum conventionnel dépend de l’emploi et du niveau de classification. Enfin, le salaire négocié peut dépasser ces deux planchers.

Le particulier employeur doit respecter le minimum applicable au salarié. Au-delà de ce plancher, les parties peuvent négocier librement le salaire. Les moyennes publiées par l’Observatoire peuvent alors servir de repère. Elles ne donnent toutefois aucun droit automatique à leur montant.

Des métiers exercés très majoritairement par des femmes

Les niveaux de salaire doivent aussi être rapprochés du profil des professionnels du secteur.

Selon le rapport de branche 2026 de l’Observatoire de l’emploi à domicile, 85 % des salariés sont des femmes.

Cette part atteint 86 % chez les assistants de vie et 96 % chez les assistants parentaux. Elle monte à 99 % chez les assistants maternels. Chez les employés familiaux, 79 % des salariés sont des femmes.

L’âge constitue un autre enjeu : un salarié du secteur sur deux a 50 ans ou plus.

Ces chiffres soulèvent donc la question du renouvellement des professionnels et de l’attractivité de ces métiers. Ils interrogent aussi leur reconnaissance. Ces emplois très féminisés imposent en effet des contraintes physiques, humaines et d’organisation importantes.

Le vieillissement va accroître les besoins d’accompagnement

La hausse des besoins d’aide à domicile renforce encore l’enjeu des salaires et de l’attractivité.

En 2024, l’Observatoire compte 214 970 particuliers employeurs dépendants ou en situation de handicap. Au total, 232 210 assistants de vie les accompagnent.

Le nombre de particuliers employeurs concernés progresse de 0,9 % en un an. Le volume d’heures déclarées augmente de 1 %. La hausse atteint 4,8 % en 2024 pour les employeurs en situation de handicap et les parents d’enfants handicapés.

À plus long terme, les besoins devraient encore augmenter. Selon son Baromètre de l’emploi à domicile, la Fepem estime que près de 600 000 postes seront nécessaires dans les métiers du domicile d’ici 2035.

L’enjeu dépasse donc le seul coût d’une heure de travail. Le secteur doit pouvoir attirer, former et fidéliser suffisamment de professionnels. Il devra répondre au vieillissement de la population et aux besoins croissants d’accompagnement à domicile.

Pour la CFTC, regarder au-delà du seul taux horaire

La hausse des salaires horaires constitue un signal positif. Elle ne suffit cependant pas à mesurer l’attractivité réelle de ces métiers.

La rémunération doit d’abord être appréciée au regard du nombre d’heures payées et des déplacements. Il faut aussi prendre en compte l’amplitude des journées, les horaires morcelés et le nombre d’employeurs.

D’autres facteurs comptent tout autant : la formation, les qualifications, la prévention des risques professionnels et les possibilités d’évolution.

Un salarié peut négocier un taux horaire supérieur au minimum conventionnel. Cette négociation permet notamment de mieux reconnaître son expérience et ses compétences. Mais elle ne peut, à elle seule, régler les difficultés d’attractivité du secteur.

Il faut aussi sécuriser les parcours et garantir l’accès effectif aux droits liés au statut de salarié. La reconnaissance des métiers du domicile ne peut donc pas dépendre uniquement des tensions de recrutement pour faire progresser les salaires.

Sources et références

Données et études

  • Les taux horaires des salariés à domicile – Fepem – Données publiées en 2026 sur les salaires horaires nets pratiqués en 2025.
  • Emploi à domicile : les niveaux de salaires pratiqués en France – Fepem – Cartes territoriales des rémunérations par métier.
  • Observatoire de l’emploi à domicile – Données sur l’emploi, les profils des salariés et les conditions d’activité du secteur.

Textes conventionnels et officiels

  • Convention collective nationale du secteur des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile – Convention collective du 15 mars 2021, IDCC 3239.
  • Avenant n° 10 du 5 février 2026 relatif aux salaires minima conventionnels – Revalorisation des minima conventionnels.