
Cabinets dentaires : l’accord salarial du 12 février 2026 est désormais étendu
L’arrêté du 15 juillet 2026, publié au Journal officiel du 23 juillet étend l’accord salarial conclu le 12 février 2026 dans la branche des cabinets dentaires.
Concrètement, les nouveaux minima conventionnels deviennent obligatoires pour tous les employeurs relevant de la convention collective nationale des cabinets dentaires, y compris ceux qui n’adhèrent à aucune organisation patronale signataire.
Cette publication marque donc l’aboutissement de la négociation engagée par les partenaires sociaux de la branche. Elle permet désormais une application plus large et plus homogène de la nouvelle grille salariale dans l’ensemble des cabinets relevant de la convention collective nationale des cabinets dentaires, identifiée sous le numéro IDCC 1619.
Une hausse de 1,5 % pour les emplois qualifiés
L’accord du 12 février prévoit une revalorisation de 1,5 % du taux horaire minimal applicable aux emplois qualifiés de la branche.
Sont concernés les secrétaires techniques, les aides dentaires, les assistants dentaires ainsi que les prothésistes dentaires.
La nouvelle grille fixe les taux horaires minimaux suivants :
Emploi | Taux horaire minimal brut |
|---|---|
Secrétaire technique | 13,78 € |
Aide dentaire | 12,56 € |
Assistant dentaire | 13,93 € |
Prothésiste dentaire – niveau 1 | 12,94 € |
Prothésiste dentaire – niveau 2 | 16,34 € |
Prothésiste dentaire – niveau 3 | 20,21 € |
Prothésiste dentaire – niveau 4 | 22,00 € |
Pour le personnel d’entretien ainsi que les réceptionnistes et hôtesses d’accueil, le minimum reste fixé à 12,02 euros de l’heure, sous réserve bien entendu du respect du SMIC en vigueur, lequel est depuis le 1er juin 2026 fixé à 12,31€ bruts.
L’accord revalorise également plusieurs compléments conventionnels. La mention complémentaire administrative est portée à 220 euros, la mention complémentaire ODF et parodontologie-implantologie à 215 euros, et la prime de secrétariat à 205 euros.
Ces compléments sont proratisés pour les salariés à temps partiel lorsque les dispositions conventionnelles le prévoient.
Ce que change concrètement l’extension
Avant l’extension, l’accord s’imposait principalement aux employeurs adhérant à l’une des organisations patronales signataires.
Depuis la publication de l’arrêté, les employeurs non adhérents sont eux aussi tenus d’appliquer les dispositions rendues obligatoires.
Autrement dit, un cabinet dentaire ne peut plus refuser d’appliquer la nouvelle grille au motif qu’il n’adhère pas à une organisation patronale ou qu’il n’a pas pris part à la négociation.
L’extension permet ainsi d’éviter que les salariés d’une même branche soient soumis à des minima différents selon l’affiliation de leur employeur.
Une date d’application différente selon les employeurs
Il faut toutefois distinguer deux situations.
- Pour les employeurs adhérant à une organisation patronale signataire de l’accord, les nouveaux minima étaient déjà applicables au 1er janvier 2026, conformément aux stipulations de l’accord salarial.
- Pour les employeurs non adhérents à une organisation patronale signataire, l’arrêté d’extension précise que l’accord ne leur devient opposable qu’au lendemain de la publication de l’arrêté au Journal officiel.
La revalorisation n’est donc pas rétroactive au 1er janvier 2026 pour tous les cabinets. Elle ne l’est que pour les employeurs auxquels l’accord était déjà applicable avant son extension.
Une revalorisation des minima, pas nécessairement de tous les salaires
L’accord n’instaure pas automatiquement une augmentation générale de 1,5 % de tous les salaires réellement versés dans la branche.
Lorsqu’un salarié perçoit une rémunération inférieure au nouveau minimum correspondant à son emploi et à sa classification, l’employeur doit procéder à une régularisation.
Attention, lorsque le salaire versé est déjà supérieur au nouveau minimum conventionnel, l’accord ne contraint pas automatiquement l’employeur à appliquer une augmentation supplémentaire de 1,5 %, sauf disposition plus favorable prévue par le contrat de travail, un accord d’entreprise, un usage ou un engagement unilatéral.
Autrement dit, l’accord augmente les minima de la branche, mais pas automatiquement tous les salaires de 1,5 %.
Que faire si le minimum n’est pas respecté ?
Les employeurs doivent désormais s’assurer que les rémunérations versées sont bien conformes à la nouvelle grille.
Lorsqu’un salarié est payé en dessous du minimum conventionnel applicable, il peut demander la régularisation de son taux horaire, le versement d’un rappel de salaire et, si nécessaire, la correction de ses bulletins de paie.
En cas de désaccord persistant, une saisine du conseil de prud’hommes reste possible afin d’obtenir le paiement des sommes dues.
Un employeur ne peut pas écarter un minimum conventionnel étendu par une clause du contrat de travail, une décision interne ou un accord moins favorable.
Les points à vérifier sur le bulletin de salaire
Les salariés des cabinets dentaires ont intérêt à vérifier plusieurs éléments : l’intitulé de leur emploi, leur niveau de classification, leur taux horaire, leur salaire mensuel de base, les primes conventionnelles et la date d’application retenue par leur employeur.
La classification mérite une attention particulière. Un salarié peut percevoir un salaire conforme à l’intitulé figurant sur son bulletin de paie, tout en étant classé à un niveau inférieur aux fonctions qu’il exerce réellement.
Il ne suffit donc pas de comparer le salaire avec la grille. Il faut également vérifier que la classification retenue correspond bien aux missions effectivement réalisées.






Syndicat CFTC Santé Sociaux
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