© Svitlana - stock.adobe.comCures thermales : derrière les économies annoncées, l’avenir des soins et des emplois en question
Le gouvernement envisage de réduire de 65 % à 15 % le remboursement des cures thermales. Une perspective qui inquiète les patients, mais aussi les professionnels des établissements thermaux. Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, qui assure le suivi syndical de ces structures, les économies budgétaires ne doivent pas se faire au détriment de l’accès aux soins et de l’emploi.
Pour la deuxième année consécutive, le thermalisme se retrouve dans le viseur des économies de l’Assurance maladie. Le gouvernement souhaite transférer environ 200 millions d’euros de dépenses vers les complémentaires santé, en réduisant fortement la prise en charge des cures.
Si aucun décret n’a encore été publié, la menace demeure. Le taux de remboursement pouvant être modifié par voie réglementaire, une décision pourrait intervenir sans nouveau vote du Parlement.
Cette perspective intervient alors que la Haute Autorité de santé (HAS) doit encore évaluer le service médical rendu des cures thermales, avec des conclusions attendues fin 2027. Pour la CFTC, il serait difficilement compréhensible de réduire leur remboursement avant même de disposer de cette expertise.
Des soins qui risquent de devenir inaccessibles
Une cure thermale conventionnée n’est pas un séjour de bien-être. Prescrite par un médecin, elle s’inscrit dans la prise en charge de différentes pathologies, notamment en rhumatologie, dermatologie ou pour certaines affections respiratoires.
Les curistes supportent déjà des dépenses importantes, particulièrement pour le transport et l’hébergement pendant les trois semaines de traitement. Une baisse du remboursement à 15 % pourrait conduire certains patients, notamment les retraités et les ménages modestes, à renoncer à leurs soins.
La Fédération CFTC Santé Sociaux refuse que l’accès à un traitement prescrit dépende des ressources financières du patient.
Par ailleurs, le transfert annoncé vers les complémentaires santé ne ferait pas disparaître la dépense. Il pourrait simplement la reporter sur les cotisations des assurés et des contrats collectifs.
Les salariés des établissements thermaux également menacés
Le débat ne peut se limiter aux remboursements. Derrière les cures thermales, il y a des établissements, des métiers et des emplois.
Agents thermaux, soignants, personnels administratifs, techniques ou d’entretien : ces professionnels assurent quotidiennement l’accueil et la prise en charge des curistes.
Dans de nombreuses stations, souvent implantées en territoire rural, l’activité thermale constitue un employeur important. Une diminution de la fréquentation pourrait fragiliser les établissements, réduire les recrutements saisonniers et peser sur les conditions de travail, voire sur la pérennité de certains emplois.
Pour la CFTC, les salariés du thermalisme ne doivent pas subir les conséquences d’une décision budgétaire prise sans évaluation de son impact social et économique.
La question des indemnités journalières versées, sous conditions, aux salariés pendant leur cure mérite également d’être examinée. Une baisse du nombre de cures pourrait entraîner des économies supplémentaires sur ces prestations, sans que leur montant soit aujourd’hui clairement identifié.
Évaluer avant de décider
La Fédération CFTC Santé Sociaux demande le maintien des règles actuelles de remboursement, notamment du taux de 65 % et des prises en charge intégrales prévues dans certaines situations, au moins jusqu’aux conclusions de la HAS.
Elle réclame également une étude d’impact sur l’activité et l’emploi dans les établissements thermaux, ainsi qu’une véritable concertation avec les représentants des salariés.
La pertinence des soins doit naturellement être évaluée. Mais cette démarche doit permettre d’améliorer les prises en charge, pas servir de prétexte à une réduction générale des remboursements.
Défendre le thermalisme, c’est défendre à la fois les patients qui en bénéficient et les professionnels qui assurent ces soins.
La Fédération CFTC Santé Sociaux restera vigilante sur les décisions à venir et leurs conséquences pour les établissements et leurs salariés.







Fédération CFTC Santé Sociaux
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