Services publics : le Medef dégaine le bistouri, la Fédération CFTC Santé Sociaux appelle à une autre vision de la réforme
À quelques mois des débats budgétaires et à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le Medef présente une stratégie de redressement des finances publiques reposant sur plus de 100 milliards d’euros d’économies d’ici à 2030, dont une part importante porterait sur les effectifs publics, les rémunérations des agents, les collectivités territoriales et les dépenses de santé.
Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, le constat d’une situation budgétaire dégradée ne peut être ignoré. Restaurer des finances publiques soutenables est une responsabilité collective. Mais la réponse proposée par le Medef repose sur un choix politique que nous ne partageons pas : celui de faire des services publics et de leurs agents la principale variable d’ajustement.
Le document prévoit notamment le non-remplacement d’un départ à la retraite sur trois dans la fonction hospitalière, le gel du point d’indice, un moratoire sur les avancements, une baisse de l’indemnisation des arrêts maladie ainsi que plusieurs milliards d’euros d’économies sur les dépenses de santé.
Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, ces propositions interviennent alors que les services publics connaissent déjà une crise profonde d’attractivité. Dans les hôpitaux, les établissements sociaux et médico-sociaux, les services à domicile, les collectivités territoriales ou les administrations, les équipes travaillent dans des conditions de plus en plus difficiles. Les difficultés de recrutement persistent, les besoins de la population augmentent et les professionnels peinent déjà à assurer leurs missions.
Réduire les effectifs ne réduit pas les besoins. Bien souvent, cela produit l’effet inverse : des professionnels moins nombreux, une prévention moins efficace, des prises en charge retardées et des situations qui se dégradent. Pour finir, les besoins augmentent, tout comme la pression sur les équipes et sur notre système de santé.
La CFTC refuse d’opposer maîtrise des finances publiques et qualité du service public. Il existe d’autres leviers pour améliorer l’efficacité de l’action publique : simplifier les organisations, réduire les lourdeurs administratives, renforcer la prévention des risques professionnels, investir dans les compétences, développer le numérique lorsqu’il apporte une réelle valeur ajoutée et mieux évaluer les politiques publiques.
Une réforme durable ne peut reposer uniquement sur la réduction des effectifs ou des droits des agents. Elle doit d’abord améliorer l’organisation du travail et donner aux professionnels les moyens d’exercer leurs missions dans de bonnes conditions.
À l’heure où notre pays doit répondre au vieillissement de la population, à l’augmentation des besoins de santé et aux défis de la cohésion sociale, affaiblir les services publics serait un choix lourd de conséquences.
La question n’est pas de savoir s’il faut réformer l’action publique. La question est de savoir quelle réforme nous voulons.
Pour Fédération CFTC Santé Sociaux, la maîtrise des finances publiques est une responsabilité collective. Elle ne peut toutefois se construire au détriment de celles et ceux qui assurent chaque jour les missions d’intérêt général. Les transitions écologique, climatique, et démographique auxquelles notre pays est confronté nécessitent un service public solide, attractif et capable de répondre aux besoins de la population.
Réduire les effectifs ne peut pas être un projet de société. L’avenir du service public passe par des organisations plus efficaces, un dialogue social renforcé et des agents reconnus, formés et suffisamment nombreux pour exercer leurs missions dans des conditions dignes.






Syndicat CFTC Santé Sociaux
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