Grand âge : une « grande mobilisation France autonomie » annoncée, sous le signe de l’attente

À l’occasion d’une audition devant le Sénat mi-avril, le gouvernement a précisé sa feuille de route sur la question du grand âge. Pas de projet de loi dédié à court terme, mais le lancement d’une « grande mobilisation France autonomie », accompagnée de la perspective d’une conférence nationale à l’automne (septembre/octobre).

Une annonce qui trace une méthode… sans encore dissiper toutes les interrogations.

Une approche progressive plutôt qu’une réforme structurante

La stratégie présentée repose sur une dynamique de concertation et d’initiatives territoriales. L’objectif affiché est de faire émerger des solutions au plus près des réalités locales, en lien avec les acteurs institutionnels du secteur.

Dans ce cadre, une conférence nationale de l’autonomie devrait se tenir à l’automne 2026, avec l’ambition de fixer un cap pour les années à venir.

Mais à ce stade, ni calendrier précis détaillé, ni contours complets de la gouvernance n’ont été formalisés.

Des professionnels confrontés à l’urgence du quotidien

Sur le terrain, la situation reste tendue. Dans les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, comme dans l’aide à domicile, les équipes font face à des difficultés persistantes : manque de personnel, conditions de travail éprouvantes, perte d’attractivité des métiers.

Pour beaucoup de professionnels, ces annonces s’inscrivent dans un temps long, alors même que les besoins, eux, sont immédiats.

La Fédération CFTC Santé Sociaux alerte régulièrement sur ce décalage entre les réalités vécues et le rythme des réponses institutionnelles.

Une question centrale : qui autour de la table ?

La réussite de cette « mobilisation France autonomie » reposera en grande partie sur les acteurs qui y seront associés.

Si l’implication des collectivités et des structures territoriales est évoquée, la place des représentants des salariés n’est, à ce stade, pas explicitement précisée.

Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, ce point est essentiel. Les partenaires sociaux portent une connaissance fine du terrain, nourrie par le vécu des professionnels. Leur participation effective conditionnera en partie la pertinence des mesures qui pourraient émerger.

Au-delà de la concertation, l’enjeu des moyens

Reste une interrogation majeure : celle des moyens qui accompagneront cette mobilisation.

Car les constats sont largement partagés :

  • les effectifs sont insuffisants,
  • les métiers du soin et de l’accompagnement manquent de reconnaissance,
  • le financement de la perte d’autonomie demeure fragile.

Dans ce contexte, la Fédération CFTC Santé Sociaux rappelle que les concertations, aussi nécessaires soient-elles, doivent déboucher sur des engagements concrets et durables.

Une attente forte de visibilité

La conférence nationale annoncée pour l’automne pourrait constituer un moment clé, à condition qu’elle apporte des réponses claires et une vision à long terme.

Car derrière les dispositifs, c’est bien un choix de société qui se dessine : celui de la place accordée aux personnes âgées ou en situation de handicap, et des conditions dans lesquelles les professionnels peuvent les accompagner.

Pour la CFTC, l’enjeu est simple : faire en sorte que cette mobilisation ne reste pas une énième concertation sans avancées pour les salariés comme pour les personnes accompagnées.