
Ratios soignants : la CFTC exige des effectifs à la hauteur des besoins réels des patients
Les ratios soignants sont au cœur d’un enjeu majeur pour l’hôpital : garantir des effectifs minimum réellement adaptés aux besoins des patients. En psychiatrie, en périnatalité comme en soins palliatifs, la Fédération CFTC Santé Sociaux défend une approche fondée sur la charge réelle en soins, la sécurité des patients et les conditions de travail des professionnels.
La Haute Autorité de santé a engagé ses travaux sur les ratios minimum soignants dans trois champs prioritaires : l’obstétrique-néonatalogie, la psychiatrie et les soins palliatifs. Alors qu’elle poursuit ses travaux, la CFTC rappelle une conviction ancienne : il ne peut y avoir de soins dignes, sûrs et humains sans professionnels en nombre suffisant.
Depuis plus de trente ans, la Fédération CFTC Santé Sociaux défend l’idée d’effectifs minimum sécurisés, pour protéger les patients comme les professionnels. La loi du 29 janvier 2025 marque une étape importante. Ainsi pour la CFTC, l’enjeu est clair : ces ratios ne doivent pas devenir un simple outil comptable, ni servir de prétexte à fermer des lits.
Que prévoit la loi du 29 janvier 2025 sur les ratios soignants ?
La loi du 29 janvier 2025 prévoit la définition de ratios minimum de soignants par lit ouvert, ou par nombre de passages pour les activités ambulatoires. Ces ratios doivent tenir compte de la charge en soins et viser la qualité comme la sécurité des prises en charge. Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, cette avancée ne sera utile que si elle se traduit par des effectifs réellement présents dans les services.
Des ratios fondés sur la réalité des soins
Derrière le mot “ratio”, il y a une question simple, presque brutale : combien de soignants faut-il réellement pour prendre soin correctement d’un patient ? La réponse ne peut pas tenir dans une colonne de tableur. Elle doit partir du terrain, de la charge réelle en soins, de la complexité des situations cliniques et du temps nécessaire pour accompagner les personnes.
Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, les futurs textes devront intégrer les soins techniques, mais aussi les transmissions, la coordination, la formation, l’absentéisme, le turnover, les tâches administratives et logistiques qui éloignent trop souvent les professionnels du cœur de leur métier.
Compter les lits ne suffit plus. Il faut compter le temps soignant réellement disponible auprès des patients.
Trois secteurs sous tension, trois urgences humaines
La HAS a engagé une première vague de travaux dans plusieurs champs sensibles : l’obstétrique-néonatalogie, la psychiatrie et les soins palliatifs. Ces secteurs ont un point commun : la qualité du soin y dépend fortement de la présence humaine, de la continuité des équipes et du temps accordé à chaque personne.
Intégrer la lourdeur psychiatrique, protéger le temps relationnel et stabiliser les équipes.
Adapter les effectifs à l’évolution des grossesses, des risques et des besoins des familles.
Reconnaître le temps d’accompagnement, d’écoute et de soutien aux proches.
Réduire l’épuisement professionnel, sécuriser les pratiques et préserver la qualité des soins.
Pour la CFTC, les ratios doivent traduire la réalité du soin, pas seulement l’organisation théorique des services.
La Haute Autorité de santé a engagé ses travaux sur les ratios minimum soignants dans trois champs prioritaires : l’obstétrique-néonatalogie, la psychiatrie et les soins palliatifs.
La psychiatrie traverse une crise profonde. Les patients hospitalisés présentent des troubles souvent plus sévères, davantage de comorbidités psychiatriques, addictologiques ou somatiques, ainsi que des situations sociales plus complexes. Dans les unités, les équipes font face à une tension continue, avec des effectifs trop souvent pensés selon des modèles anciens.
Les conséquences sont connues des professionnels : montée des violences, recours accru à l’isolement ou à la contention, retards dans l’évaluation du risque suicidaire, multiplication des événements indésirables, épuisement des équipes. Le sous-effectif chronique n’est plus seulement une difficulté d’organisation ; il devient un facteur direct de dégradation des soins.
La Fédération CFTC Santé Sociaux demande que la lourdeur psychiatrique soit pleinement intégrée dans les modèles de dotation. En psychiatrie, la continuité des équipes n’est pas un confort. C’est un outil thérapeutique.
Une psychiatrie sous-dotée finit par se recentrer sur la gestion de crise, quand elle devrait pouvoir soigner, apaiser, prévenir et accompagner.
Périnatalité : protéger les mères, les nouveau-nés et les familles
Les prises en charge en maternité ont profondément évolué. L’âge maternel augmente, les grossesses à risque sont plus nombreuses, les situations de vulnérabilité sociale ou psychique sont davantage repérées, et les exigences de traçabilité se sont considérablement alourdies.
Dans de nombreux établissements, les équipes de salle de naissance, de suites de couches ou de néonatologie travaillent sous tension. Cette réalité pèse sur la surveillance continue des parturientes, la prévention des complications, le repérage de la dépression du post-partum et l’accompagnement à la parentalité.
Pour la CFTC, les référentiels d’effectifs doivent être revus en profondeur, en distinguant clairement les besoins selon les secteurs : salle de naissance, suites de couches, néonatologie. Une naissance ne se réduit pas à un acte technique ; c’est un moment de soin, de sécurité et de présence.
Soins palliatifs : le temps relationnel n’est pas une variable d’ajustement
En soins palliatifs, la présence humaine est au cœur même du soin. Évaluer la douleur, accompagner la fin de vie, soutenir les proches, répondre aux questions éthiques : tout cela exige du temps, de la disponibilité et une équipe suffisamment dimensionnée.
Le manque d’effectifs oblige trop souvent les professionnels à traiter l’urgence avant l’accompagnement. Pourtant, la dignité des patients et le soutien des familles doivent rester au cœur du soin.
La Fédération CFTC Santé Sociaux demande que les ratios intègrent pleinement la charge émotionnelle et relationnelle propre aux soins palliatifs. Ce temps-là n’est pas invisible. Il est essentiel.
Investir dans les effectifs n’est pas une dépense de confort : c’est un choix de qualité, de sécurité et d’humanité.
Des contraintes réelles
La pénurie de professionnels, l’absentéisme et les difficultés de recrutement pèsent lourdement sur les établissements. La CFTC ne les ignore pas. Mais ces contraintes ne peuvent justifier l’immobilisme.
Des leviers possibles
Des effectifs adaptés peuvent réduire l’absentéisme, améliorer l’attractivité des métiers, limiter les réhospitalisations, diminuer certaines mesures coercitives et sécuriser les pratiques professionnelles.
La CFTC restera mobilisée
Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, les ratios minimum constituent une exigence sanitaire, éthique et sociale. Il est à noter qu’ils sont aussi un outil majeur de prévention des risques professionnels et de sécurisation juridique des soignants.
La CFTC sera vigilante sur trois points essentiels : garantir des effectifs réellement présents auprès des patients, financer les mesures à la hauteur des ambitions affichées, et empêcher que les ratios deviennent un prétexte à réduire l’offre de soins.
Les soignants ne demandent pas des moyens pour eux-mêmes. Ils demandent les moyens de soigner dignement. Sur ce sujet, la Fédération CFTC Santé Sociaux ne transigera pas.
À retenir
Les ratios soignants doivent partir de la réalité du terrain : la charge en soins, la complexité des prises en charge, le temps relationnel et la continuité des équipes.
Pour la CFTC, la qualité des soins commence par une évidence : des professionnels assez nombreux pour être réellement présents auprès des patients.






Syndicat CFTC Santé Sociaux
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