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Comment raser gratis ?
En l’espace de dix jours, nos ministres de tutelle viennent, par trois fois, de montrer leur manque de considération et de respect envers les professionnels qui s’occupent des personnes les plus fragiles de notre société, à savoir les personnes âgées et les personnes handicapées.
Travailler mieux pour gagner moins
La première provocation, c’est d’abord la Secrétaire d’État, Madame Rossignol, qui, lors des Assises du Domicile, a déclaré que les personnels intervenant à domicile peuvent se former, être plus « professionnelles », mais sans en attendre une reconnaissance par un diplôme, ni donc sur leur salaire.
Le concept de ce gouvernement est donc : « travaillez plus et mieux en gagnant moins ».
La valeur du point toujours gelée pour le maintien à domicile
La deuxième provocation est le refus récent d’une augmentation de la valeur du point de la convention des Associations de Maintien à Domicile.
Cette augmentation de 1 %, signée par la quasi-totalité des partenaires sociaux, devait permettre de sortir du gel salarial imposé depuis avril 2009.
Un secteur maintenu sous pression
Alors que les professionnels sont invités à améliorer sans cesse leurs compétences et la qualité de leurs interventions, la reconnaissance salariale reste bloquée.
De la précarité… au travail au noir
La troisième provocation est intervenue lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présentée par Marisol Touraine.
Alors que l’on s’apprête à légiférer sur l’adaptation de la société au vieillissement, le taux de l’ONDAM médico-social chute en deux ans de 4 %, puis 3 %, à 2,2 %, ce qui sera largement insuffisant au regard des investissements et des mesures à prendre pour une montée en charge de l’indépendance.
Par ailleurs, alors que le Premier ministre avait prévu de faire passer l’exonération des charges de 0,75 à 1,50 euro par heure travaillée pour les salariés intervenant auprès des publics fragiles, rien n’a été transcrit dans le PLFSS.
Autrement dit, avec une chute des heures déclarées d’avril à juin de 4,8 % par rapport au même trimestre de 2013, ces orientations pour 2015 ne pourront que démultiplier le travail non déclaré.
Les chiffres mis en avant dans l’article
1 % : augmentation de la valeur du point demandée par les partenaires sociaux.
2,2 % : niveau annoncé de l’ONDAM médico-social.
1,50 € par heure : niveau d’exonération envisagé pour les interventions auprès des publics fragiles.
– 4,8 % : évolution des heures déclarées entre avril et juin par rapport à la même période de 2013.
Un message dramatique pour les professionnels du domicile
Malgré le rapport sénatorial qui pointait et mettait en cause le gel des salaires, malgré les grandes déclarations d’intérêt à l’Assemblée nationale, Madame Rossignol et sa ministre Madame Touraine viennent donc d’envoyer un message dramatique, voire assassin, aux personnels de l’intervention à domicile.
Alors que l’on annonce une nouvelle chute des emplois auprès des personnes âgées de 2,4 % sur un an, la CFTC ne peut plus se satisfaire de la méthode Coué pour laisser croire à la population que les pouvoirs publics conduisent une véritable politique de qualité pour les personnes fragilisées.






Syndicat CFTC Santé Sociaux
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