
Gel du point d’indice prolongé : la CFTC Santé Sociaux demande une revalorisation des rémunérations
Le 8 juillet dernier, le Gouvernement a confirmé le maintien du gel du point d’indice en 2027. À l’issue de la réunion salariale organisée par le ministère de la Fonction publique, les huit organisations syndicales représentatives ont quitté la séance pour dénoncer l’absence de mesures générales en faveur du pouvoir d’achat des agents publics. La Fédération CFTC Santé Sociaux partage pleinement ce constat et soutient cette démarche.
Pour la CFTC, cette décision est inacceptable. Dans un secteur hospitalier, social et médico-social déjà confronté à une crise durable d’attractivité, prolonger le gel des rémunérations traduit un manque de reconnaissance envers celles et ceux qui assurent chaque jour la continuité des soins et de l’accompagnement.
Une situation devenue inacceptable : le traitement indiciaire passe sous le SMIC
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut mensuel est fixé à 1 867,02 €, tandis que le traitement indiciaire minimum d’un agent public demeure à 1 801,74 €. Pour éviter qu’un agent public soit rémunéré en dessous du salaire minimum légal, l’État applique l’indemnité différentielle prévue par le décret du 2 août 1991.
Selon le Ministère des Finances, ce dispositif concerne désormais près de 862 000 agents publics, principalement de catégorie C.
Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, cette situation révèle l’écrasement progressif des grilles indiciaires. Un agent peut progresser en ancienneté, acquérir de nouvelles compétences ou changer d’échelon sans percevoir de réelle évolution de sa rémunération. En outre, l’indemnité différentielle n’est pas prise en compte dans le calcul de la retraite. Ce mécanisme ne peut constituer qu’une réponse provisoire.
Les métiers du soin et de l’accompagnement restent les premiers touchés
Depuis plusieurs années, la Fédération alerte sur les difficultés croissantes de recrutement et de fidélisation dans les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux. Les postes vacants se multiplient, les équipes se trouvent durablement sous tension et les formations d’aide-soignant ou d’infirmier peinent à attirer suffisamment de candidats.
Le Gouvernement justifie le maintien du gel par des contraintes budgétaires, estimant qu’une hausse de 1 % du point d’indice représenterait un coût d’environ 2,4 milliards d’euros par an.
Pour la CFTC, cette logique ne tient pas compte du coût humain et organisationnel de la perte d’attractivité des métiers. Les difficultés de recrutement se traduisent déjà par des postes non pourvus, des fermetures de lits, un recours excessif aux contrats d’intérim, une surcharge de travail pour les équipes et une dégradation des conditions de prise en charge des usagers.
Le dialogue social suppose un véritable respect des agents
La CFTC défend une conception exigeante du dialogue social fondée sur la négociation et la recherche de solutions. Mais le dialogue suppose que les échanges puissent déboucher sur de réelles avancées. La décision des organisations syndicales de quitter la réunion salariale du 8 juillet traduit le refus d’un dialogue réduit à une simple présentation de décisions déjà arrêtées. La Fédération CFTC Santé Sociaux soutient pleinement cette position.
Pour la Fédération, la maîtrise des dépenses publiques ne peut reposer durablement sur le pouvoir d’achat des agents. Après plusieurs années d’inflation, la suspension de la Garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA), l’évolution des règles relatives aux jours de carence et à l’indemnisation des arrêts maladie accentuent encore les difficultés rencontrées par de nombreux professionnels.
Une mobilisation le 29 septembre
La Fédération CFTC Santé Sociaux appelle les personnels de la fonction publique hospitalière à participer à la journée nationale de mobilisation prévue le 29 septembre 2026.
La CFTC demande :
- une revalorisation générale du point d’indice ;
- une refonte des grilles de rémunération, notamment pour les catégories B et C, afin de redonner du sens aux déroulements de carrière ;
- une meilleure prise en compte des éléments de rémunération dans le calcul des pensions.
Le système de santé et d’accompagnement repose sur l’engagement quotidien de centaines de milliers de professionnels. Pour la Fédération CFTC Santé Sociaux, il est désormais indispensable que cet engagement soit reconnu par une politique salariale à la hauteur des responsabilités exercées.






Syndicat CFTC Santé Sociaux
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