Nouveau congé supplémentaire de naissance dans la Fonction Publique

Une avancée sociale, mais à quel prix pour leur pouvoir d’achat ?

C’est officiel. Le décret n° 2026-428 du 30 mai 2026, très attendu depuis la dernière loi de financement de la sécurité sociale, a enfin été publié au Journal Officiel. À compter du 1er juillet 2026, les agents publics, titulaires comme contractuels, pourront bénéficier d’un nouveau droit : le congé supplémentaire de naissance ou d’adoption.

Dans nos secteurs de la santé et du social, où concilier vie professionnelle et vie personnelle reste un défi quotidien, toute mesure donnant davantage de temps aux parents constitue, sur le principe, une avancée.

Mais la Fédération CFTC Santé Sociaux appelle à la vigilance : derrière cette annonce attendue se cache une réalité financière qui risque d’écarter les agents les plus précaires.

Ce que permet ce nouveau droit

Ce congé s’ajoute aux congés de maternité, de paternité et d’adoption déjà existants. Il offre une certaine souplesse aux familles :

  • Durée modulable : un ou deux mois de congé.
  • Fractionnement : deux mois en continu ou deux périodes d’un mois.
  • Délai d’utilisation : le congé doit débuter dans les 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant.
  • Rétroactivité : la mesure s’applique aux enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026.

À retenir : la demande doit être déposée un mois avant le début du congé, ou 15 jours avant s’il est pris dans la continuité immédiate d’un congé maternité ou paternité.

Le revers de la médaille : une perte de salaire inacceptable

C’est ici que le bât blesse. Contrairement aux congés familiaux traditionnels, ce nouveau congé statutaire n’est pas rémunéré à 100 %.

70 %

de la rémunération
le premier mois

60 %

de la rémunération
le second mois

Comment soutenir réellement la parentalité tout en amputant le salaire des agents de 30 à 40 % ? Dans un contexte de vie chère, ce droit risque de devenir un luxe réservé à celles et ceux qui peuvent se permettre une perte importante de revenus.

La parentalité ne doit pas être synonyme de précarité !

Ce qu’en pense la CFTC

La création de ce congé est une étape, mais elle ne doit pas se faire au détriment du niveau de vie des agents publics.

La Fédération CFTC Santé Sociaux revendique un maintien intégral du traitement et des primes pendant toute la durée des congés liés à la parentalité. L’égalité professionnelle et le soutien aux familles passent par une rémunération à 100 %, sans condition.

Avant de solliciter ce congé, nous invitons les agents éligibles à mesurer son impact sur leur budget. En cas de difficulté avec votre administration, rapprochez-vous de vos représentants CFTC locaux.

Sylvie DUSSAN
Secrétaire Générale Adjointe Pôle Public

Décret 2026-428 - Congés Naissances

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