La grande concertation animée par Nicole Notat a réuni au ministère des Solidarités et de la Santé et certains des acteurs du monde de la santé. Cette concertation avait comme objectif : remettre notre système de santé sur de bons rails et lui donner de nouvelles ambitions.

Au cœur de ces travaux, la question des métiers, des carrières et de la revalorisation aboutit à des accords historiques, pour que les métiers de la santé soient reconnus à la hauteur de l’engagement de ceux qui les exercent.

Les accords sont le fruit d’un dialogue social exigeant et constructif de plus de 40 heures entre le ministre des Solidarités et de la Santé et les organisations syndicales représentatives des professions paramédicales, des médecins, des étudiants et des internes en médecine ainsi que la Fédération Hospitalière de France. Ils sont signés par une majorité d’organisations syndicales représentant d’une part, les professions non médicales et d’autre part, les professions médicales.

Ces accords ont pour vocation l’amélioration de la rémunération et du quotidien des professionnels à l’hôpital et dans les EHPAD. 

Accord sur la Fonction publique hospitalière

7,6 milliards € / an pour :

      • Revaloriser les métiers du service public de santé.
      • Poser les bases d’une véritable politique de gestion de carrière et des compétences.
      • Donner plus de marges de manœuvre aux professionnels et aux établissements pour améliorer le quotidien de tous et accélérer les transformations.
      • Des financements supplémentaires qui viendront renforcer l’ONDAM.

Contenu de l’accord

      • Complément de traitement indiciaire de 49 points (183 € nets / mois) pour tous les professionnels non médicaux au sein des établissements de santé et EHPAD publics & privés non lucratifs (+160 € nets / mois pour le secteur privé lucratif) soit 1,5 million de professionnels :
        • 90 € applicable au 1er septembre 2020 et versée à titre rétroactif sur la paie de janvier 2021 ;
        • Puis +93 € au 1er mars 2021.
      • + 35 € nets / mois en moyenne de rémunération supplémentaire pour les personnels au contact des patients : aides-soignants, corps infirmiers, filières rééducation et médicotechnique grâce à la revalorisation de leurs grilles de rémunération. Les nouvelles grilles permettront de mieux prendre en compte les spécificités de ces métiers (niveau de qualification, de compétences, contraintes liées à la continuité des soins) et ouvriront des perspectives de carrière plus rapides et mieux rémunérées. Au bout de quatre ans de carrière, le gain pourrait être pour un manipulateur radio ou une infirmière de plus de 100 euros bruts par mois par rapport aux grilles actuelles. Au bout de 10 ans, le gain serait de plus de 300 € bruts par mois par rapport aux grilles actuelles.
      • Une prime d’engagement collectif portée à 100 € nets / mois pour renforcer les projets d’équipe d’amélioration de la qualité des soins et valoriser l’engagement collectif
      • Améliorer les organisations du temps de travail par davantage de marges de manœuvre aux acteurs de terrain et de financements dédiés pour développer des accords locaux et des projets pilotes de construction des plannings, de soutien à l’emploi hospitalier, de renforcement des équipes de remplacement, de contractualisation individuelle d’heures supplémentaires majorées et d’annualisation du temps de travail.
      • 15 000 recrutements pour soutenir l’emploi hospitalier, pourvoir les emplois vacants et mieux assurer et les besoins de recrutements et les remplacements.
      • Développer la négociation et promouvoir le dialogue social dans les établissements(conditions de travail, organisation et aménagement du temps de travail, formation professionnelle et continue, sécurité et santé au travail, égalité hommes-femmes, etc.)

Accord sur les professionnels médicaux de l’hôpital public

450 millions d’€ / an pour :

      • Des carrières et des rémunérations réévaluées pour 100 000 médecins afin de rendre à l’hôpital public son attractivité.
      • Créer une véritable politique de gestion des carrières et des compétences pour les médecins.
      • Développer un lien fluide entre ville et hôpital.

Contenu de l’accord

      • Avec la suppression des 3 premiers échelons en début de carrière (mesure déjà prévue par le plan « Investir pour l’hôpital » et qui est financé en plus de l’enveloppe de 450 millions d’euros) et la création de 3 échelons en fin de carrière des médecins pour conserver les talents à l’hôpital public : 2 échelons de fin de grille de 5 000 € et un 3ème de 7 000 € bruts annuels sur des durées de 4 ans.
      • L’indemnité de service public exclusif revalorisée (actuellement, 493 € bruts / mois pour les praticiens de moins de 15 ans d’ancienneté et 704 € bruts / mois pour les praticiens de plus de 15 ans d’ancienneté) à 1 010 € bruts / mois pour tous les médecins qui ont fait le choix de l’hôpital public.
      • Permettre aux médecins d’exercer aussi bien à l’hôpital qu’en ville pour diversifier les modes d’exercice.
      • Développer et accompagner les parcours professionnels avec la mise en place d’entretiens professionnels et la reconnaissance des activités non cliniques comme la recherche.
      • Simplifier l’accès à la formation et au développement professionnel continu.

Résultats des concertations avec les internes et les étudiants des filières médicales et paramédicales

200 millions d’€ / an pour :

      • Revaloriser les indemnités des internes et des étudiants en santé.
      • Diversifier la formation en favorisant les stages en médecine de ville.
      • Mieux intégrer les internes et étudiants dans les politiques de qualité de vie au travail.

Pour les 30 000 internes

      • Revalorisation des émoluments de base de +5% à +10%.
      • Revalorisation de +25% des gardes.

Pour les 34 000 étudiants des filières médicales

      • Revalorisation des émoluments de base :
        • 260 € en 4ème année (+130 €).
        • 320 € en 5ème année (+69 €).
        • 390 € en 6ème année (+109 €).
      • Création d’une indemnité forfaitaire d’hébergement de 150 € pour les stages en zone sous-dense.

Pour 106 000 étudiants paramédicaux

      • Harmonisation et revalorisation de 20% des indemnités de stage de 4 formations paramédicales (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, manipulateurs d’électroradiologie médicale et ergothérapeutes).

 

Pièces Jointes

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La CFTC constate un travail partiel :

Après avoir pris connaissance des propositions du Gouvernement,

la CFTC reconnaît que, même si certaines des annonces sont inférieures à ce qu’elle demandait, les avancées sont réelles avec entre autres :

  • Les 15 000 créations d’emplois ;
  • De porter en catégorie B les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture avec application de la grille type de la catégorie B issue du nouvel espace statutaire, sans remettre en cause la catégorie active ;
  • Un complément de traitement indiciaire de 183 €uros net pour tous les personnels non-médical  (soignants, rééducation, ouvriers, administratifs, médico-techniques et socio-éducatifs) bien que celui-ci soit versée en deux temps ;
  • Le doublement des ratios promus / promouvables par rapport aux ratios de 2019 pour les années 2020 et 2021.

La CFTC regrette néanmoins que sur l’enveloppe de 7,5 milliards d’euros prévus chaque année, que seuls 1,6 milliard concernent les établissements privés, (associatifs ou à but lucratif). Cette partie de l’accord devra faire l’objet de négociations complémentaires dans les branches concernées. La CFTC restera vigilante sur les modalités de mise en œuvre de cette mesure.

La CFTC reconnaît que le Président de la République a tenu, en parti, ses engagements pris le 25 mars dernier à Mulhouse quand il disait : « à l’issue de cette crise, un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera construit pour notre hôpital ».

La CFTC déplore que nous n’allons pas assez loin dans la revalorisations de nos métiers.

La CFTC regrette toutefois qu’il ait fallu cette crise sanitaire pour que la classe politique prenne enfin conscience de la grande misère du système de santé français, qu’il soit public ou privé.

La CFTC est navrée qu’une partie des acteurs de notre système de santé soit oubliés dans les mesures prises et notamment les salariés et agents des structures sociales, médico-sociales et de l’aide à la personne.

La Fédération CFTC Santé Sociaux appelle à une juste refondation de notre système de santé et à la création d’un véritable service public de santé, incluant le médico-social, en coopération renforcée avec le secteur sanitaire et médico-social privé.

Pour aller plus loin :

Ségur : la CFTC déçue mais pas surprise

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Patrick MERCIER, Président · Tél. : 06.19.99.35.33 · Courriel : pmercier@cftc-santesociaux.fr

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Christian CUMIN, Secrétaire Général Adjoint · Tél. : 06.89.71.65.83 · Courriel : ccumin@cftc-santesociaux.fr