Nous avons le plaisir de vous partager le regard de Marcel BEUTIN (78 ans) sur le fait social qu’on appellera «Covid»

C’est le moment d’affirmer nos valeurs et de vivre pleinement nos engagements, un virus de quelques microns met le monde entier dans une panique encore jamais vue de nos jours.

Si le rôle du syndicat est bien celui de la défense des travailleurs et de leurs intérêts, la CFTC, bien au-delà a aussi un rôle important à jouer dans la diffusion de sa conception de la société et de la place de l’homme dans celle-ci.

L’objectif n’est pas d’obtenir des avantages pour une classe ou une série d’individus mais au contraire de cette vue égoïste d’œuvrer pour le bien de tous sans distinction, pour le bien commun. Notre regard sur la vie, notre position au sein même de la société, souvent auprès des plus pauvres, nous font un devoir d’intervenir pour juger de ce que la politique nous impose, critiquer mais surtout proposer.

« Il n’y a rien au-dessus de la vie », « Garder la vie quel qu’en soit le prix ! » c’est le slogan répandu par nos gouvernants, heureusement que nos Pères, nos pompiers, nos militaires ne pensent pas comme cela… La vie avant tout, ce serait refuser de risquer sa vie et se limiter à la sauvegarde de sa petite existence ? Nos ancêtres avaient une autre notion de la vie et c’est par milliers qu’ils ont donnés leur vie pour une cause qui les dépassait pour Dieu, pour la nation, pour l’humanité. « Sauver ou périr » devise de nos pompiers, Vivre « quels qu’en soient le prix et les conséquences » c’est la devise de nos dirigeants.

Pour ceux qui nous dirigent l’homme n’a qu’une dimension, c’est un être biologique qui n’a pour but que d’exister pour consommer, la dimension spirituelle qui nous différencie de l’animal est totalement ignorée, la vie pour eux c’est une existence vouée à la consommation et la recherche d’un bien-être matériel toujours insuffisant. Pour beaucoup la motivation n’est que la recherche du profit. Toujours plus pour les uns qui se traduisent par toujours moins pour les autres.

C’est pourquoi ils n’ont pas hésité pour « sauver des vies » à supprimer le petit commerce, les cérémonies religieuses, l’accès à la culture, à sacrifier une génération entière par la désorganisation de l’enseignement. La vie intellectuelle et spirituelle est suspendue. La conséquence de l’arrêt du développement économique c’est un million de pauvres en plus et des milliers de désespérés en souffrance psychique.

Pour sauver quelles vies alors que l’on sait que le virus ne tue généralement, que les plus vieux et encore déjà lourdement atteints par des maladies ou handicaps ?

Avec un certain cynisme, nos gouvernants en profitent pour brider les libertés, museler les opinions et justifier, sous prétexte de la sauvegarde de vies, la catastrophe économique qu’ils ont créée par manque de courage et par incompétence.

45 000 morts dont une majorité de plus de 80 ans, tués par un virus qui a profité de leur fragilité du fait d’une maladie grave existante … dans une société de 60 millions d’individus qui perd naturellement 600 000 personnes par an. Moins de morts par le virus que par les cancers…

La peur habite nos concitoyens, alimentée par le décompte quotidien des morts et des cas dépistés … mais pas forcément malades. Pourquoi pour ce seul virus, pourquoi ne pas énumérer aussi chaque soir le nombre du décès dû au cancer, aux accidents de la route … et bientôt à la grippe saisonnière

Le fait que le virus tue peu mais laisse aussi des séquelles importantes pour ceux, les plus nombreux qui en guérissent nécessite qu’on lutte contre sa diffusion. Ce n’est pas une simple grippe. Il faut respecter les consignes … port du masque et distanciation. Il faut agir pour limiter sa diffusion mais avec raison, sans panique. Et mettre toutes nos connaissances à la recherche de traitements et de vaccins.

Il faudra vivre avec ce virus comme avec tous les autres que nous connaissons bien, ceux du rhume de la grippe et même de la peste qui existe encore. Faudra-t-il à chaque apparition de ces épidémies tout arrêter et condamner toute une population à la restriction de liberté, au chômage, à la misère ?

Il y a deux types de personnes atteintes, les malades à guérir et les malades à prolonger la vie !

Le politique se livre à un chantage éhonté, maintenir en vie des personnes âgées en fin du cycle naturel de vie contre la destruction du tissu économique et des forces vives de la société, le bien commun ne nécessite certes pas que l’on laisse mourir ces vieux mais les protéger par des mesures ciblées était possible tout en sauvegardant l’activité

Je suis un « vieux » les précautions pour ne pas être contaminé, mais dans un moment je vais mourir comme tout le monde.

On ne m’a pas demandé mon avis mais aurais-je voulu gagner quelques mois d’une vie accomplie au prix de la vie du restaurateur ruiné qui va se suicider ou de celle du jeune père de famille acculé à la misère ?

L’espoir de faire gagner quelques mois de vie à quelques milliers de personnes ayant vécu qui mourront à court terme de toute façon contre le désespoir de millions d’individus qui ne pourrons plus vivre, est contraire au bien commun que devraient rechercher nos politiques.

C’est mon avis.

Marcel BEUTIN

Vice-Président Fédéral (2009-2012)