Du 24 septembre matin au dimanche 26 septembre minuit, les sages-femmes étaient en grève pour obtenir une reconnaissance de leur statut. Face au silence du gouvernement et des propositions bien en deçà de leurs attentes, la grogne ne faiblit pas et une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 7 octobre prochain.

Céline RIQUER, sage-femme à l’hôpital de Poitiers et adhérente CFTC, nous livre son témoignage et nous aide à comprendre les raisons de la colère de cette profession majoritairement féminine en attente d’une reconnaissance légitime.

Elles sont environ 23 000, elles ont suivi 5 années d’études et sont reconnues par le code de déontologie comme l’une des 3 professions médicales avec les médecins et les dentistes. Mais, dans la réalité des faits, et de la fonction publique, elles n’ont pas la reconnaissance méritée et sont classées avec les professions non médicales et paramédicales alors que les dentistes et médecins ont un statut de praticien hospitalier.

« Quand on commence, on peut espérer avoir un salaire de 1700 euros nets… »

Alors qu’en 2014, et suite à une mobilisation nationale, la profession avait obtenu la mise en place d’une Commission Administrative Paritaire des sages-femmes et la création d’un statut sage-femme hospitalier, force est de constater que rien n’a changé depuis au niveau du statut et des salaires. Le ministre de la Santé, Olivier VERAN, osant même aller jusqu’à (re)proposer la création d’une filière médicale dans la fonction publique hospitalière pour désamorcer la crise…

Pour la CFTC, défendre la profession de sage-femme, c’est la préserver, la faire reconnaitre enfin à sa juste valeur, la rendre plus cohérente et attractive, tout en y associant l’ensemble des Professionnels des services de la naissance !

« A l’hôpital on ne fait plus de suivi de grossesse complet, on ouvre les dossiers pour l’accouchement, les cours de préparation n’existent plus depuis longtemps, nous n’avons pas les moyens d’accompagner les couples dans leur projet de naissance comme on le devrait… »

Engagée par passion et vocation, ces femmes au chevet des femmes (- de 3% de maïeuticiens) sont confrontées à une crise de vocation et à un sous–effectif que l’absence de statut et de reconnaissance salariale amplifient.

« Sur la région Nouvelle Aquitaine en juin dernier, il manquait 51 sages-femmes. Ça se traduit entre autre par des gardes supplémentaires avec des heures payées ou non.»

Ce sous–effectif engendre de multiples problèmes qui sont renforcés par la multiplication des missions qui leurs sont régulièrement assignées…

En relation avec les organisations professionnelles des sages-femmes, la CFTC a travaillé à l’élaboration de documents sur sa vision de l’évolution de la profession de sage-femme.

Aujourd’hui, une sage-femme doit non seulement accompagner les femmes dans leur accouchement mais on leur demande maintenant d’assurer le suivi gynécologique, l’IVG médicamenteuse, la contraception, les consultations avec les ados…

Leurs revendications sont pourtant simples et légitimes et rejoignent les préconisations du rapport de l’IGAS commandé par le gouvernement.

Un statut en phase avec le niveau d’étude (5 années), les responsabilités et les missions de ces praticiennes et praticiens

Une revalorisation de la rémunération des sages-femmes à l’hôpital en cohérence avec leurs responsabilités

Des effectifs adaptés à la réalité démographique du pays et au besoin des couples.

Pour la partie salaire, Céline complète en évoquant qu’« à minima, il faudrait un doublement du salaire ou alors un alignement des revenus sur les grilles des médecins hospitaliers. Il serait également souhaitable d’avoir une extension aux sages-femmes territoriales des PMI et les sages-femmes du privé. »

Dans son rapport, l’IGAS préconise le versement d’une prime mensuelle d’environ 175 points ouvrant droit à pension et permettant un rattrapage salarial attendu.

Céline et ses collègues restent mobilisées et seront présentes le 7 octobre prochain pour faire entendre leurs voix et sensibiliser le gouvernement sur l’urgence de la situation et la nécessité d’agir sans plus tarder.

Pour découvrir l’appel à mobilisation et soutenir ce mouvement, suivez la page Facebook de la Fédération CFTC Santé Sociaux et téléchargez le communiqué de la fédération en cliquant ICI.