Fin avril, début mai, une douzaine d’infirmières du département du Haut-Rhin a été convoquée par la Gendarmerie, sur décision de Procureur. Pour quel méfait ? Pour la simple raison de ne pas avoir adhérer à l’Ordre Infirmier !

A la gendarmerie, elles ont été fichées comme de vraies criminelles pour exercice illégale de la profession. Après empreintes digitales, photos, questions sur la vie privée, il leur a été signifié de s’inscrire à l’Ordre dans les 60 jours, sous peine de se retrouver en prison pendant 1 an et de payer une amende de 15 000 € pour exercice illégal de la profession d’infirmier.

Pour la CFTC c’est un véritable scandale, une honte pour notre pays que l’on puisse traiter ainsi des soignantes qui font honnêtement leur travail, avec un diplôme en bonne et due forme auprès des personnes âgées depuis de nombreuses années. Imaginez le stress, l’état psychologique de ces professionnelles après une telle confrontation, lorsque devant leur famille, leurs enfants, la gendarmerie vous harcèle de coups de téléphone.

Depuis 2006, la CFTC combat une structure inutile, illégitime, une coquille vide sans code déontologique, où un ordre aux abois, censé défendre les infirmières, n’hésite plus désormais sur les moyens en utilisant la dénonciation et le terrorisme, pour que la profession vienne rembourser l’énorme dette causée par ses ambitions démesurées.

Le syndicat départemental du Haut Rhin avec le soutien de la Fédération a depuis démultiplié les actions auprès des politiques (députés et sénateurs), de la Ministre, de l’ARS pour faire arrêter cette stupide procédure. Marisol TOURAINE répondant, d’ailleurs, elle-même à un député à l’Assemblée Nationale : « La situation que vivent aujourd’hui les infirmiers au regard de l’Ordre infirmier n’est évidemment pas satisfaisante, une « écrasante majorité » d’infirmiers était opposée depuis le départ à cet Ordre. « Je le dis très sincèrement et très fermement, l’Ordre des infirmiers est un Ordre contesté, un Ordre sans légitimité, et donc un Ordre dont l’avenir est clairement menacé ».

Qu’attend-elle donc pour joindre les actes à sa parole d’une cause qu’elle défendait quand elle était dans l’opposition ?

Avec les infirmières concernées, la CFTC a alors mené une opération coup de poing devant le tribunal de grande instance de MULHOUSE le jeudi 12 juin. Avec le soutien du syndicat, de l’Union Départementale et de la Fédération, une douzaine d’infirmières en blouses blanches, enchaînées se sont installées devant le tribunal pour montrer au public comment dans ce pays on traitait les soignants. L’opération avait aussi pour but de rencontrer le procureur afin de faire stopper rapidement cette procédure totalement déplacée. Fidèle à ses méthodes, préférant parler aux journalistes, plutôt qu’aux porteurs du dialogue social, Monsieur le procureur a une nouvelle fois fait la sourde oreille, se félicitant sans doute de pouvoir se servir d’une prise d’otages pour montrer qu’il n’en n’avait rien à faire des propos de Mme TOURAINE. En milieu de journée néanmoins la préfecture du département, acceptait de rencontrer la CFTC, nous promettant de faire tout ce qui était en son pouvoir (courrier et téléphone) auprès des autorités concernées pour appuyer notre action.

Affaire à suivre donc, mais une chose est sûre, l’action de la CFTC n’en restera pas là, et agira crescendo tant qu’on ne reviendra pas sur une loi que 80% de la profession rejette totalement.